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Écrit par Figuig Info   
Dimanche, 31 Janvier 2010 12:30

Sa position frontalière aux difficultés géopolitiques énormes lui a valu l'amputation progressive de nombreux terroirs faisant habituellement partie de son espace vital pour se trouver actuellement sur le territoire algérien.

 

Pourtant, Figuig est une Ville-oasis dynamique. Elle compte plus de 15 000 habitants et voit ses équipements se moderniser. Malgré une situation géographique excentrée, des conditions naturelles souvent difficiles, de faibles moyens financiers, elle se développe, se modernise, évolue dans le but de toujours mieux répondre aux besoins de ses habitants. Caractérisée par l'implication de ses habitants dans tous les projets, par une grande solidarité, elle gagne petit à petit une reconnaissance dont l'histoire l'avait privée jusque là.

Figuig est parmi les plus anciennes oasis de la frange septentrionale du Sahara, comme en témoignent les nombreuses gravures rupestres présentes dans la région et attribuées aux chasseurs de la période du néolithique. Dès le 12e siècle, le nom de Figuig apparaît dans la littérature médiévale, évoquant l'importance des tribus berbères Zénètes par rapport aux Sanhaji et arabes qui s'étaient installés de longue date dans la région. L'histoire de l'oasis a essentiellement été marquée par des rivalités et des conflits entre les différents ksour et les différentes fractions en raison des terres et surtout des eaux d'irrigation. Figuig a toujours été un territoire relativement autonome vis à vis des différents pouvoirs. Cela a conduit les habitants à se prendre en charge et pourrait être à l'origine de la très grande solidarité que l'on retrouve aujourd'hui.

Regroupant une cinquantaine de qsour à la veille de la pénétration coloniale, son rayonnement culturel, scientifique et économique dépassait largement la région, du fait de sa position au carrefour des axes du trafic caravanier transsaharien et sur l'axe sub-saharien Est-Ouest. La disparition progressive du nombre des caravanes et plus récemment la fermeture de la frontière maroco-algérienne ont contribué au recul progressif du rayonnement de l'oasis. Les 7 qsour aujourd'hui, auxquels se rejoint la petite agglomération maraboutique de Sidi Abdelkader Mohammed. Ces qsour sont tous liés entre eux par l'extension récente de l'espace bâti, sinon par les jardins plus ou moins verdoyants de la palmeraie proprement dite étendue sur une superficie totale de 650 hectares environ.

Jusqu'à la veille de la pénétration coloniale, le nom de Figuig s'appliquait à une vaste région englobant des tribus et des localités aussi bien diverses que rivales. Certains avancent même le chiffre d’une cinquantaine de qsour, justifiant l’appellation " Le Figuig " habituelle dans les écrits de la période coloniale. Le rayonnement culturel, scientifique et économique de l'oasis dépassait même l'échelle régionale grâce à sa position de relais stratégique sur les anciens axes du trafic caravanier transsaharien et sur l’axe sub-saharien Est-Ouest.
Puisant dans le passé jusqu'à la préhistoire, comme en témoignent les nombreuses gravures rupestres millénaires, la région de Figuig connut également la civilisation dite pharaonique dont on rapporte des pièces à conviction telle que la pierre sculptée en "Bélier de Zénaga". Des recherches récentes vont même jusqu'à argumenter des événements dont les conséquences auraient fait débarquer des voyageurs sur les côtes nord-américaines depuis 15 siècles.
Figuig fait partie du vaste territoire nord-africain et sub-saharien dont le passé lointain fut marqué par des gravures rupestres habituellement attribuées aux chasseurs-pasteurs du Néolithique, malgré l’importance de certains aspects qui laissent aussi penser à une vie sédentaire assez précoce. Figuig semble avoir toujours été un territoire relativement autonome vis à vis des différents pouvoirs, sans toutefois se distancier des différentes dynasties, sachant bien que certains représentants du pouvoir central y furent parfois sans autorité. Par ailleurs, Les écrits rapportent que l’histoire de l’oasis fut essentiellement marquée par les rivalités et les conflits entre les différents qsour et les différentes fractions à cause des terroirs et surtout des eaux d’irrigation qui ont souvent fait objet de litiges ayant parfois conduit à des luttes intestines sanglantes.

Dès le 12e siècle, le nom de Figuig est apparu dans la littérature médiévale, évoquant l’importance des tribus berbères Zénètes dans la région par rapport aux autres éléments sanhaja et arabes qui s’y étaient installés de longue date. Plus tard, au 14e siècle on signale la souveraineté des Métghara sur l’oasis. Au 13e siècle, les Jaber y représentaient l’autorité almohade.
Figuig fût contrôlé par les Saadiens en 1583, puis par les Turcs en 1593 avant d’être rançonnés pour quitter. Les expéditions alaouites se succédèrent depuis 1641 dans le souci d’établir ou de rétablir leur autorité ou encore d’éloigner le danger turc réapparu avec la tentative de 1806.

Ce n’est qu’en 1903 que l’autorité française fut inaugurée par le bombardement de Zénaga, après plusieurs expéditions des troupes françaises déjà installées depuis longtemps sur le territoire algérien et gênées par le soutien apporté par Figuig aux rebelles algériens. Figuig fut ainsi ramenée à l’obéissance au pouvoir du makhzen.. L'héritage de la phase colonisation-décolonisation a pesé lourd sur le sort de l'oasis, non seulement au niveau de sa place régionale devenue marginalisée, mais aussi au niveau des ressources habituellement exploitées par les qsouriens habitant Figuig. Le patrimoine culturel actuellement conservé porte surtout le cachet de la période islamique. Des maisons et des mosquées séculaires construites en terre séchée côtoient avec le célèbre minaret octogonal pierreux de l'époque mérinide. De même, les vestiges d'anciens qsour et hameaux désertés ou détruits subsistent encore tout comme les mausolées et les bibliothèques des marabouts et des savants dont les œuvres et les documents manuscrits ont été pillés ou accaparés. Seul le sort d'une faible portion de ceux-ci a échappé à la perte, mais conservés soit chez des particuliers souvent " anonymes ", soit dans des musées nationaux et internationaux même, comme celui de Berlin.
Impact de l'histoire contemporaine :

Ce n’est qu’en 1903 que l’autorité française fut inaugurée par le bombardement de Zénaga, après plusieurs expéditions des troupes françaises déjà installées depuis longtemps sur le territoire algérien et gênées par le soutien apporté par Figuig aux rebelles algériens. Figuig fut ainsi ramenée à l’obéissance au pouvoir du makhzen.. L'héritage de la phase colonisation décolonisation a pesé lourd sur le sort de l'oasis, non seulement au niveau de sa place régionale devenue marginalisée, mais aussi au niveau des ressources habituellement exploitées par les qsouriens habitant Figuig.

Figuig la ville au nom mystérieux :

L’origine arabe du nom Figuig.

Le mot Figuig serait, selon certains, d’origine arabe. L’hypothèse avancée est que ce nom serait un dérivé du substantif arabe /fajj/ signifiant “ col ” et que, dit-on, la permutation /j/-/g/ est possible en arabe. Comment expliquer dans ce cas le fait que les Figuiguis appellent leur ville Ifeyyey ?

Si le mot arabe /fajj/ (col) décrit un aspect géographique de cette ville : l’abondance de cols, il est à noter que Figuig n’est prononcé /fijij/ par personne. Néanmoins, dans les documents officiels marocains écrits en arabe, on l’écrit avec une lettre correspondant aux graphiques latins “ j ” ou /k/ surmonté de trois points en forme de pyramide pour remédier à l’absence, dans la langue arabe, du graphème correspondant au [g]. Notons aussi que “ figuig ” ou “ fijij ” n’existent pas comme mots que ce soit dans l’arabe dialectal ou dans l’arabe classique.
Non loin du Maroc, en Algérie, on écrit le nom “ Figuig ” en arabe avec la lettre (q) correspondant dans le système graphique de cette langue au /q/ de l’alphabet phonétique international pour remédier à l’absence du “ g ” dans l’arabe écrite.

Figuig dans Tmazight ou tamazight.

Nous pensons que pour percer le mystère de ce nom, il faut étudier l’appellation en usage chez les figuiguiens eux-mêmes. Que signifierait donc le mot “ ifeyyey ” en tamazight : la langue de cette région ?

Dans le tamazight de Figuig, le mot “ ifeyyey ” n’existe pas / plus cependant, il a la résonance (schème) d’un mot berbère. Il sonne en même temps comme verbe et comme substantif (nom).
Comme verbe, nous pouvons le décomposer ainsi : “i” désinence préverbale troisième personne masculin/singulier (“ il ” pour le français), et "feyyey" radical verbale dépourvu de marque temps / personne. “ feyyey” résonne dans ce cas comme verbe conjugué au passé accompli troisième personne masculin / singulier.

Au niveau sémantique, il faut voir son étymon (sa racine). Nous pouvons y distinguer la racine /fy/ qui est polysémique ; elle renferme l’idée de course et celle de soleil .
L’interpréter comme dérivé de “ courir ” est, semble-t-il, sans aucune relation avec la ville de Figuig. En revanche entre le soleil et cette ville, la relation paraît évidente. Le mot “ ifeyyey ” signifierait dans ce cas “ l’ensoleillé ”

Par contre, si nous l’étudions comme substantif, nous pouvons le déconstruire comme suit : “i ” voyelle initiale masculin / singulier (l’équivalent de l’article “ le ” du français) et “ feyyey ” racine nominale. Le mot le plus proche de ce radical est “ ensouple ” qui se réalise selon les régions /afeggag/, /afedjaj/ ou /afeyyay/. Si l’on sait que la permutation a / i, voyelles initiales des substantifs masculins amazighs est possible (/amensi/ = dîner à Figuig, /imensi/ = dîner en kabylie ...), on pourra comprendre que “ ifeyyey ” signifie l’ensouple et par métonymie (procédé stylistique) le métier à tisser ou le pays du tissage.

Comment expliquer dans ce cas le fait que les étrangers appellent cette ville “ Figuig ” ?
A notre avis, le nom Figuig a été donné par les Figuiguis eux-mêmes à leur ville et, supposons-nous, à un moment de leur Histoire, les habitants de cette région appelaient leur ville indifféremment “ ifeyyey ” ou “ ifeggeg ” ; leur appartenance aux deux grandes tribus berbères les Senhaja et les Zénète expliquerait ce fait sociolinguistique : (à Figuig, on dit indifféremment : / may zzeg/ ou /may zzey/ (par où), /agnaw/ ou /aynaw/ (Guinéen). Avec le temps, l’usage du nom “ ifeggeg ” serait tombé en désuétude chez les Figuiguiens. Par contre, il aurait été bien gardé par les étrangers. Le nom de Figuig d’en-Bas (Zénaga) a probablement connu le même sort : Zénaga pour les étrangers, Iznayen pour le Figuiguis et Iznagen chez certains berbères. Le /n/ est la marque du pluriel berbère.

Donc le nom Figuig signifierait LE PAYS DU SOLEIL ou LE PAYS DU TISSAGE

www.ville-figuig.info



Tags: Figuig  

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