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Enquête : Sauver la forêt de l’abattage clandestin Array Imprimer Array  Envoyer
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En plus des incendies,  la sécheresse, le déboisement, le défrichage, la forêt est exposée    à un abatage clandestin. Source de revenus pour les uns mais au détriment d’un équilibre écologique.

La préservation du patrimoine forestier est devenue une question prioritaire pour la  société civile , les associations environnementales et les pouvoirs publics. Mais en dépit de cette prise de conscience citoyenne  la forêt  marocaine est sujette à de multiples dangers.

L’abattage clandestin est un phénomène qui prend de l’ampleur au fil des jours et qui nécessite la vigilance de l’ensemble des partenaires impliqués dans la protection environnementale. Au fait, une centaine d’arbres est abattue quotidiennement aux alentours de Jerrada. Situation qui a poussé plusieurs associations locales à tirer la sonnette d’alarme et à aviser les autorités compétentes.

Les forêts sont menacées d'extermination par les habitants locaux, notamment jeunes en quête d’argent de poche ou  autres commerçants de circonstance avides de gain facile. Ces derniers ont constitué des réseaux  de vente de troncs d’arbres pour réaliser des profits à moindre frais. C’est le cas du cèdre dans l’Atlas, l’artemisia dans l'Anti-Atlas et l’eucalyptus  dans l’Oriental. « Quelques troncs de cèdre de l’Atlas rapportent des  millions de centimes. Et c’est le même cas pour les palmiers. Plusieurs commerçants « spécialistes » dans ce type d’activité illégale menacent l’équilibre forestier  » précise Mohammed Ben Atta, président d’une association écologiste : Espace de Solidarité et de Coopération de l’Oriental.

Le bois légal pour les fours, les bains et utilisation personnelle se vend à 100 DH le quintal mais ceux qui massacrent les arbres en nocturne et en cachette les monnayent à moins de 70 DH. C’est un bois qui se vend dans certaine région  au su de tout le monde notamment des gardes forestiers qui sont pointés du doigt par plusieurs écologistes rapporte Mahjoube Slimani, un acteur associatif. Et d’ajouter « ces « chasseurs » des arbres n’ont qu’un seul souci : réaliser des profits rapides à moindre frais même s’ils se cachent derrière des considérations sociales»

Même son de cloche chez Mahmoud Allioua de l’Association Issaaf pour la solidarité et le développement   qui insiste sur l’importance du rôle pédagogique  des gardes forestier  « Ils doivent comprendre que la sanction à elle seule  ou la complicité tacite ne résolvent   jamais le problème. Et c’est dans le but d’impliquer la société civile dans une vision globale d’économie solidaire  et sociale que nous avons réalisé une étude auprès des jeunes à la recherche  d’emplois dans les villes de Jerrada, Bouarfa, Touissit et Sidi Boubker.  Notamment ceux  qui de temps à autre découpent les arbres des forets avoisinantes pour vendre leurs bois »

« Que voulez vous que je fasse je suis au chômage depuis un certain temps  et ce travail m’assure  un revenu  occasionnel. Vous parlez environnement et moi je vous parle de travail pour subvenir à mes besoins. J’aurai aimé faire autre chose mais dans une ville comme Jerrada, il est impossible de trouver un job, je ne peux rester les mains croisés à attendre l’aumône»  déclare avec emportement Ahmed B à ALM.

Le secteur forestier est  géré par le Haut commissariat aux eaux et forets qui ne cesse de programmer   des démarches spécifiques  pour optimiser les performances des actions de reboisement et de protection. « Mais ceci reste tributaire d’une action de valorisation et de mobilisation des ressources humaines comme levier principal de la dynamisation du secteur » explique une note du même département. Une telle approche préconise le renforcement de l’encadrement des forêts et le recours à une gestion de proximité à travers le redéploiement ciblé des cadres et agents vers les espaces prioritaires, ou qui sont sujets à  de fortes pressions sur le patrimoine forestier.

Rappelons que la superficie forestière, paraforestière et alfatière  occupe plus de 9 millions de hectares (12 % du territoire national) et qu’elle est  en majorité domaniale. Et dans le but de palier aux différentes menaces qui pèsent sur la forêt le Haut commissariat aux eaux et forêts a mis au point un plan d'action stratégique pour la décennie 2005/2014. Un plan d’action  qui prévoit la réalisation de plus 120 projets et qui a nécessité une enveloppe budgétaire de plus de  8 MMDH.

Dans  cette approche globale, le Haut Commissariat  compte  sur l’implication de l’ensemble des citoyens  dans le cadre de partenariats qui concilient  les priorités  de la conservation des ressources forestières nationales et la nécessité de répondre aux besoins des populations en la matière. « La restauration écologique, la conservation ainsi que  la gestion durable des ressources forestières tout en assurant un développement socioéconomique durable des populations locales ne peuvent être maîtrisées qu'à travers des efforts conjugués et coordonnés des acteurs concernés dans le cadre d'une gestion intégrée et participative » précise une source du département des eaux et forets. C’est d’ailleurs l’approche défendue par plusieurs écologistes qui précisent que cette bonne intention des pouvoirs publics doit trouver son écho  chez les populations avoisinantes  qui sont amenés à s’impliquer effectivement en faveur d'une gestion durable des ressources et des écosystèmes ».

Une telle harmonisation des démarches est nécessaire quand on sait que la charge  sur les espaces forestiers aux alentours des  régions peuplées  est  démesurée. Elle dépasse de loin la régénération herbagère  et engendre un déficit fourrager qui avoisine les 50  % dans certaines zones nouvellement plantées. De leurs cotés les jeunes semis sont broutés par le bétail. En plus des actions d’ébranchage ou d’écimage qui sont exécutées  pour le fourrage  du cheptel.

La destruction de la forêt pour des raisons économiques diminue inexorablement son apport en matière de fixation des sols et de génération d’oxygène. Le cas s’aggrave quand on sait que la forêt marocaine ne croît pas suffisamment.

Ali Kharroubi// ALM


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