Le festival international du rai vient de clore sa 4ème édition à Oujda le 24/07/2010. L’association Oujda Rai, actuellement Oujda Art (AOA), avait fixé comme objectifs
de promouvoir la musique du Rai, de relancer le tourisme dans la région orientale, de booster les relations diplomatiques entres les pays de l’UMA et de vendre l’image d’Oujda dans le monde entier. Or, loin des chiffres annuels de visiteurs, largement contestés d’ailleurs par la presse locale (voir Oujda24), les promesses du développement sont loin d’être réalisés. Après quatre ans, le festival est toujours attaqué par la presse locale et une parie de la société civile (voir tous les sites électroniques de la région), à tel point que le bureau régional du syndicat national de la presse marocaine vient de publier un communiqué qui dénonce les « l’irresponsabilité » de l’AOA et le gaspillage du fonds public. Quand notre collègue Mohamed Tagui a dénoncé la corruption de l’AOA en affirmant que le festival a enrichi les chanteurs étrangers aux dépens des citoyens Oujdis, un certain « Koudan », qui n’a pas le courage de dire son vrai nom, a taxé ses propos d’ «imbéciles ». Oui, c’est comme ça qu’ils répondent à la presse indépendante qui cherche à dire la vérité au peuple et protéger l’argent des contribuables. En effet, après quatre ans, l’AOA refuse toujours de rendre compte au public. Dès le premier point de presse, il y a quatre ans à l’hôtel Atlas Orient, je me rappelle avoir posé une question sur le coté financier à Mr Chourak, actuellement gouverneur de Rhamna. Il a refusé de donner une idée sur les enveloppes accordées aux stars du Rai : Khaled, Taliani et Zahwania, en affirmant à la lettre : « Personne n’a le droit de nous demander des comptes » !
Soyons francs et ouvrons le débat avec les Oujdis. Parlons du bilan de ce festival? De sa valeur ajoutée pour la ville? Sur le plan économique ? sur le plan culturel ?
Un nombre important de militants et d’intellectuels (de toutes les sensibilités) pensent que le bilan du FIR est nul, du moins à court terme. D’abord, les relations avec nos voisins algériens se sont détériorées au lieu de s’améliorer, à cause des artistes algériens qui ont porté le drapeau marocain sur la scène du festival. Ensuite, plus de 300 artistes Oujdis ont protesté contre leur exclusion (voir le communiqué signé par Chab Souna à Oujdanews). Enfin, ce n’est pas le tourisme oriental qui a prospéré, mais plutôt les projets personnels de certains membres de l’AOA.
Alors si vous n’êtes pas transparents, mes chers fantômes, cessez au moins d’insulter « lâchement » les gens qui aiment leur ville à leur manière. Soyez « responsables » et écrivez des articles signés comme le fait le jeune Tagui.
Mohamed ES SBAI